Vu de l’intérieur

10 questions avec…

Anne Payot-Le Nabour, Publications Editor

Vu de l’intérieur

10 questions avec…

Anne Payot-Le Nabour, Publications Editor

Te rappelles-tu du premier concert auquel tu as assisté à la Philharmonie? Du dernier?

Malgré ces déjà dix ans passés à la Philharmonie, je me souviens de mon premier concert, le 01.09.15, un peu comme si c’était hier: Daniel Barenboim à la tête de la Staatskapelle Berlin, je commençais fort! Dans mes tout nouveaux habits de Publications Editor, je revois aussi mes nouveaux collègues découvrant, les yeux pétillants, les programmes du soir reformatés. Une sacrée prise de conscience des soirées d’exception qu’allait me permettre de vivre mon nouveau poste… qui n’ont depuis jamais cessé.

Le dernier en date, non moins mémorable, était le 31.10.: Jukka-Pekka Saraste à la tête de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, véritablement transporté par ce grand chef venu du Nord et rejoint par le violoniste Leonidas Kavakos dans le rare Premier Concerto de Chostakovitch.

Y a-t-il un endroit ou un coin que tu affectionnes particulièrement à la Philharmonie?

Je ne me lasse pas de notre Salle de Musique de Chambre, cocon acoustique et visuel où je me suis tout de suite bien sentie. Et ce dès le jour de mon entretien d’embauche où l’on m’avait fait faire le tour de la maison, avant même que je sache que j’allais être choisie. J’avais été littéralement émerveillée par ce petit écrin, depuis expérimenté sous bien des aspects puisque j’en investis parfois la scène pour y animer conférences et rencontres avec les artistes.

Pas étonnant que sa beauté ait fait de l’œil à plusieurs cinéastes comme dans le film Énorme où j’avais eu l’amusante surprise de découvrir à l’écran ma collègue Anni Saedler aux côtés de Marina Foïs jouant une concertiste chevronnée! (rires)

Parmi les objets rassemblés sur ta table de bureau, cites-en un qui compte pour toi.

Mises à part les cartes manuscrites qui me touchent toujours beaucoup, une petite boîte, à ma droite et sans doute insignifiante pour tout un chacun, est propice à l’évocation d’une ville qui m’est très chère: il s’agit d’un étui ayant jadis contenu des… Sachertorte, en provenance directe de Vienne. Or quelle cité plus musicale au monde que la capitale autrichienne? Et où trouver salons de thé plus raffinés… pour déguster la meilleure des Sachertorte justement?

Quel projet te tient le plus à cœur en ce moment?

Difficile d’en citer un en particulier, mais nous venons tout juste d’envoyer à l’impression le nouveau livre thématique entièrement conçu par l’équipe de la dramaturgie. Initier ce projet de zéro chaque saison et en voir le (beau, et ce ne sont pas, je l’espère, que les yeux de l’amour) résultat est toujours un plaisir. Le lancement est prévu le 18.11.25 et ce sera avec beaucoup d’émotion que nous le verrons pour la première fois entre les mains du public le soir du récital d’Anna Prohaska.

Quelle est la dernière chose qui vous a fait rire ou sourire au bureau, tes collègues de la dramaturgie et toi?

Nous avons été amusées de voir qu’un de nos programmes du soir avait été utilisé comme accessoire, sur scène, lors de la mise en espace des Noces de Figaro. Chérubin s’empressait d’ouvrir le livret afin d’échapper au regard du Comte Almaviva – ah, le pouvoir de l’illusion théâtrale! Rien de moins que l’heure de gloire de nos publications placées, le temps d’un instant, sous les feux de la rampe!

Que souhaites-tu révéler de toi qui pourrait surprendre les gens?

Côté musique, je suis assez insatiable et lors de mes voyages, difficile pour mes proches d’échapper à la traditionnelle visite de l’opéra ou de la salle de concert de la ville (rires). Pour autant, il n’y a pas que la musique dans ma vie et de nombreux autres domaines m’intéressent. Je me suis ainsi tout récemment inscrite, en tant qu’auditrice libre, à un cours d’initiation générale à l’histoire de l’art proposé par l’École du Louvre à Paris. Après avoir littéralement bu les brillantes paroles de docteurs en archéologie orientale, d’égyptologues chevronnés et de spécialistes de l’art byzantin, je tente maintenant tant bien que mal de refreiner… les irrépressibles envies de voyages suscitées par cette exploration de nouveaux domaines du savoir!

Qu’aimes-tu faire le week-end ou lors d’un jour de congé?

… m’abreuver de culture justement! Lire, aller voir des expositions, écouter de la musique. Je viens de relire Hernani de Victor Hugo, étudié il y a des années au lycée, l’occasion de me rafraîchir la mémoire sur le séisme qu’a constitué la création de cette pièce en 1830. Je prends beaucoup de plaisir en ce moment à me replonger dans les grands textes de la littérature française, souvent un peu mise en retrait ces dernières années au profit de lectures plus «utiles».

Quel est ton moment préféré au cours d’une saison à la Philharmonie?

Je dirais que le mois de décembre, où nous commençons à entendre parler des premiers éléments de programmation pour la saison suivante est toujours un moment très excitant. Aussi mouvant – inhérent, en cela, au domaine par définition vivant dans lequel nous travaillons – que stimulant!

Dans la bibliothèque de la dramaturgie, as-tu un livre favori?

«Après tout, selon Albert Camus dans L’Été, la meilleure façon de parler de ce qu’on aime est d’en parler légèrement.» Ma gourmandise va donc une nouvelle fois parler… Comme je suis très friande d’art lyrique et… de bonnes choses, je dirais que le livre Die Oper kocht, dans lequel des chanteurs d’opéra proposent leurs recettes favorites, figure parmi mes coups de cœur personnels. Un concept que j’ai d’ailleurs eu le plaisir de retrouver dans Oui, Chef!, le livre de cuisine réalisé avec des musiciens de notre orchestre et paru au mois de novembre. Dans un registre disons plus «sérieux», Au cœur de l’orchestre de Christian Merlin constitue une mine d’informations présentée de façon aussi conviviale que passionnée, à laquelle je ne me lasse pas de revenir.

Qu’as-tu appris sur toi-même au cours de ces 10 années passées à la Philharmonie?

Ces dix dernières années à la Philharmonie m’ont permis de découvrir tant de choses, en termes de domaines d’activités, notamment la programmation et la production via les résonances, notre série d’événements accompagnant les concerts, mais aussi de répertoires et de styles musicaux. Au terme de cette décennie, force est de constater que la passion est intacte et n’est, je pense, pas près de s’arrêter. La Philharmonie est une si belle maison!

Regardez Anne et l’équipe de dramaturgie en action

Interview réalisée par email en novembre 2025.

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