Son prénom signifie «celle qui apporte le bonheur» et c'est bien ce que s'apprête à faire Beatrice Rana au gré des cinq concerts qu'elle propose cette saison à la Philharmonie. Native de Lecce dans les Pouilles, où elle commence ses études avant de les poursuivre à Monopoli puis Hanovre, la solaire pianiste italienne semble depuis avoir raflé la mise: premier prix au Concours musical international de Montréal avec à la clé un concert dirigé par Yannick Nézet-Séguin, avant une médaille d'argent au Concours Van Cliburn. Elle mène depuis une brillante carrière, honorant les invitations de toutes parts à un rythme parfois un peu trop soutenu à son goût. «Une résidence est justement l'occasion d'approfondir la relation avec une institution, mais plus encore le public local. Un peu une manière de mener une conversation ensemble, sur une année. Un immense privilège!» Celle-ci se déclinera d'abord en récital, «sans doute le moyen le plus puissant et intime d'établir un lien avec son auditoire», format dans lequel elle fit d'ailleurs ses débuts à la Philharmonie en 2021, à une période où se produire devant un véritable public relevait, elle s'en souvient avec émotion, «du miracle». Elle y jouera notamment Johann Sebastian Bach, compositeur auquel elle ressent «le besoin de revenir régulièrement» et qui lui aura ouvert dès l'enfance les portes du répertoire germanique, au cœur de sa programmation. Viendront ensuite trois soirées avec orchestre où elle retrouvera Daniel Harding, Yannick Nézet-Séguin, «l'un des musiciens [qu'elle] admire le plus», mais aussi le «légendaire» Leonidas Kavakos.
Car «il est très important d'amener sur scène [ses] meilleurs amis dans le cadre d'une résidence» et sa dernière soirée, en effectif de chambre, aura beau réunir des relations plus récentes, les liens n'en paraissent pas moins déjà étroits. «Avec Sol Gabetta et Veronika Eberle, nous avons commencé à jouer ensemble l'année dernière, mais cela a fonctionné dès les premières minutes de répétition.» Il ne fait aucun doute que l’accroche avec le public de la Philharmonie sera aussi immédiate.
Anne Payot-Le Nabour




